Vers un impôt mondial minimum pour les plus riches ? Un rapport pour le G20 le suggère
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Gabriel Zucman, économiste, propose d'imposer un tribut mondial de 2% sur la fortune des milliardaires pour équilibrer les injustices fiscales et favoriser un partage plus équitable des richesses à l'international. Cette idée vous paraît-elle réalisable ?
Tl;dr
- Zucman expose l’échec à taxer équitablement les milliardaires.
- Il propose un impôt minimum mondial sur la fortune des milliardaires.
- Un soutien substantiel pour cette mesure parmi certains pays du G20.
- La concentration croissante de la richesse alimente les tensions sociales.
L’échec de la fiscalité mondiale face aux ultra-riches
Selon le rapport du renommé économiste Gabriel Zucman présenté au G20, l’échec des pays à taxer équitablement les milliardaires est frappant. En effet, ces grandes fortunes paient seulement 0,3 % de leur patrimoine en impôts, un taux bien en dessous de celui des autres catégories sociales.
Une proposition audacieuse
Face à cet écart flagrant, Zucman propose une solution audacieuse. Il envisage l’introduction d’un impôt minimum mondial sur la fortune des milliardaires.
Cet impôt se traduirait par une taxe de 2 % sur le patrimoine des 3.000 individus les plus fortunés. Selon Zucman, cette mesure pourrait générer jusqu’à 250 milliards de dollars de revenus fiscaux chaque année.
Thrilled to release this report commissioned by the Brazilian G20 Presidency today
Just like we have a minimum tax on multinationals, we need a minimum tax on the world's super-rich—and it has become technically feasible
🧵with the main findings and proposals pic.twitter.com/BUQKVD9pzK
— Gabriel Zucman (@gabriel_zucman) June 25, 2024
Des soutiens de taille, des oppositions notables
Plusieurs pays membres du G20, dont la France, le Brésil, l’Espagne, et l’Afrique du Sud, voient en cette proposition une opportunité de corriger les inégalités.
Mais des pays comme les États-Unis restent prudents vis-à-vis de cette idée d’un impôt global. Cependant, les partisans de cette taxe soulignent que chaque pays aurait le choix de la mettre en place ou non, diminuant ainsi les obstacles politiques et administratifs.
Investir dans la justice sociale
Pour Zucman, taxer équitablement les milliardaires n’est pas seulement une question de justice sociale. C’est aussi une nécessité économique et politique. La “concentration croissante de la richesse parmi les ultra-riches alimente les tensions sociales” et menace la stabilité économique mondiale.
En rendant les systèmes fiscaux plus progressifs et en réduisant les privilèges fiscaux des plus fortunés, il est possible de promouvoir une répartition plus juste des richesses au service des projets sociaux et économiques à long terme.
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