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En Nouvelle-Calédonie, Valls pointe "la politique de déstabilisation" de l'Azerbaïdjan

En Nouvelle-Calédonie, Valls pointe "la politique de déstabilisation" de l'Azerbaïdjan
Publié le , mis à jour le

Nouméa (AFP) - L'Etat mettra "en œuvre tous les moyens" pour empêcher les "ingérences étrangères", a assuré vendredi le ministre des Outre-mer Manuel Valls en marge d'un déplacement en Nouvelle-Calédonie, pointant à nouveau  la "politique de déstabilisation" de l'Azerbaïdjan dans cet archipel français.

"L'Azerbaïdjan, en y mettant les moyens, cherche non seulement à influencer le débat politique, à utiliser des moments de crise, comme celui que la Nouvelle-Calédonie a vécu, mais cherche aussi à mener une politique d'ingérence et donc de déstabilisation", a déclaré le ministre en marge de négociations sur l'avenir institutionnel de l'archipel, à Nouméa. 

"Réclamer plus de démocratie, plus de protection, avec un pays qui ne pratique pas la démocratie, qui a mené une véritable épuration ethnique dans le Karabakh, montre bien que ses intérêts ne sont pas la protection de je ne sais qui ici, mais bien de nuire à la France", a-t-il ajouté, après un entretien avec l'ambassadrice de France pour le Pacifique, Véronique Roger-Lacan. 

La reconquête de toute la région du Karabakh en septembre 2023 par l'armée azerbaïdjanaise, située dans l'ouest de l'Azerbaïdjan, a mis fin à trois décennies de conflit et entraîné la fuite de plus de 100.000 Arméniens qui vivaient dans les zones tenues par des séparatistes.

Alors que le ministre conduit des discussions cruciales en Nouvelle-Calédonie sur le futur statut du territoire, des journalistes des territoires ultramarins ont été invités cette semaine à se rendre dans la République du Caucase, afin de "renforcer les liens médiatiques entre l'Azerbaïdjan et les nations affectées par les politiques coloniales françaises", peut-on lire sur la page Facebook du Groupe Initiative de Bakou (BIG).

Créé en juillet 2023, le BIG est une organisation promue par l'Etat azerbaïdjanais très impliquée dans le soutien aux mouvements indépendantistes français. 

En janvier dernier, la naissance à Nouméa d'un "front international de décolonisation" (FID), regroupant 12 mouvements indépendantistes ultramarins, saluée par l'Azerbaïdjan, avait déjà suscité la polémique. 

Manuel Valls avait alors déjà dénoncé les "opérations d'ingérence et de déstabilisation" de l'Azerbaïdjan dans les territoires ultramarins, accusant Bakou de s'attaquer à l'"intégrité" de la France "sans le moindre scrupule".

"La France est très déterminée à lutter contre toutes les ingérences étrangères.Que chacun le comprenne bien: l'opinion, la liberté de parole et de pensée, d'action, de réfléchir sur les questions internationales sont totalement préservées", a précisé le ministre, en Nouvelle-Calédonie jusqu'à samedi. 

"En revanche, participer à des forums, à des actions dont le but est de nuire aux intérêts stratégiques de la France, ici comme ailleurs, c'est inacceptable.Et l'État français mettra tous les moyens pour l'empêcher", a-t-il affirmé.

Depuis des mois, Paris accuse Bakou d'"ingérence" et de manipulation sur la Nouvelle-Calédonie et plus généralement sur les outre-mer, dans un contexte de tensions entre les deux pays en raison du soutien de la France à l'Arménie, le rival historique de l'Azerbaïdjan. 

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