L'action du Hamas "légitime du point de vue du droit international", affirme Rima Hassan
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Paris (AFP) - L'eurodéputée LFI Rima Hassan a provoqué des réactions indignées jeudi en assurant que "le Hamas a une action légitime du point de vue du droit international" qui justifie "la lutte armée dans un contexte de colonisation", tout en reconnaissant que tous les "procédés", comme les prises d'otages ou les exactions, ne le sont pas.
"Le Hamas a une action légitime du point de vue du droit international", a expliqué sur Sud-Radio l'eurodéputée franco-palestinienne, dont les prises de position sur le Proche-Orient suscitent régulièrement les polémiques.
Mais "ce n'est pas parce que les résolutions des Nations Unies sont extrêmement claires sur le droit des peuples colonisés à avoir recours à la lutte armée, que les procédés de la lutte armée justifient tout", a-t-elle nuancé, rappelant que "le droit à résister à une occupation étrangère" était "parfaitement encadré en droit international".
"Vous n'avez pas le droit de prendre en otage des civils, vous n'avez pas le droit de commettre un certain nombre des exactions telles qu'elles ont été commises" lors des massacres du 7-Octobre 2023 par l'organisation islamiste.
"Moi et mon parti avons quand même très souvent rappelé que c'était effectivement des crimes de guerre", a-t-elle ajouté.
Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a assuré avoir "signalé à la procureure de la République de Paris ces propos qui relèvent de l'apologie du terrorisme".
"Les propos de Rima Hassan sont proprement inacceptables.Le Hamas est une organisation terroriste qui piétine le droit international, quand elle tue des otages, quand elle commet des attentats, quand elle propage la haine antisémite et quand elle appelle à la destruction d'un État", a-t-il estimé sur son compte X.
Regrettant que Rima Hassan "porte l'écharpe française", le président LR de l'Association des maires de France David Lisnard a également annoncé qu'il allait signaler ces propos à la justice.
Pour Yonathan Arfi, président du Crif (conseil représentatif des institutions juives de France), "ces propos de propagande d'une organisation terroriste sont une injure à la mémoire de toutes les victimes du 7-Octobre !", a-t-il estimé sur X.
"Vous êtes une honte pour la France et une ennemie de nos valeurs !", a également réagi la députée Renaissance Prisca Thévenot, sa collègue d'Horizons, Naïma Moutchou, se disant "absolument sidérée".
A gauche, le député socialiste Jérôme Guedj anticipe que "les propos abjects" de l'élue LFI "ne seront pas condamnés par son parti"."Je confirme ce que je pratique: les socialistes n’ont définitivement plus rien à faire avec eux", a-t-il déclaré.Au sein du même parti, le maire de Montpellier Michael Delafosse a déploré "des déclarations qui souillent la mémoire des victimes" et sont "mensongères et irresponsables".
Au printemps 2024, Rima Hassan avait été convoquée par la police dans le cadre d'une enquête pour "apologie du terrorisme".
Elle avait alors expliqué que sa convocation était consécutive à une interview accordée en novembre 2023 au média Le Crayon. Dans un extrait, maintenant supprimé, on la voyait dire qu'il est "vrai" que le Hamas mène une action légitime.
L'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.
L'offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU, et plongé le territoire palestinien dans un désastre humanitaire.