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La Marche des fiertés de Toronto dit perdre des soutiens financiers, effrayés par Trump

La Marche des fiertés de Toronto dit perdre des soutiens financiers, effrayés par Trump
Publié le , mis à jour le

Toronto (Canada) (AFP) - Le plus grand festival des fiertés LGBT+ au Canada a été lâché par de grandes entreprises qui font des affaires au Canada et aux États-Unis, dans la foulée de l'offensive lancée par Donald Trump contre les politiques de diversité, selon les organisateurs.

"De grandes entreprises ont retiré leur soutien" financier, a déclaré mercredi soir à l'AFP Kojo Modeste, directeur général de la Toronto Pride, refusant toutefois de nommer les trois sponsors qui ont rompu leurs liens avec l'événement depuis l'élection du président américain.

Donald Trump, qui a promis de mettre fin au "délire transgenre", a pris depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier des mesures contre les politiques favorisant la diversité au sein de l'appareil d'Etat américain, bien qu'héritages du mouvement des droits civiques dans les années 1960 et ancrées dans les politiques de ressources humaines.

Cette offensive touche aussi nombre de grandes entreprises.

Meta et Amazon dans la tech, Target et Walmart dans la distribution, McDonald's dans la restauration, ou encore Ford et Harley-Davidson, dans l'industrie: autant d'entreprises américaines qui ont annoncé récemment mettre fin, en partie ou en totalité, à leurs programmes favorisant la diversité.

Le retrait de sponsors pour la Marche des fiertés de Toronto, qui aura lieu fin juin, est "100%" lié à cette tendance, affirme Kojo Modeste, précisant qu'il y a un "fil conducteur" dans les explications fournies par les entreprises.

Elles citent notamment, selon lui, un "changement de mandat" et des contraintes financières comme raisons pour mettre fin à leurs partenariats avec la Marche des fiertés.

"Les organisations ont peur d'être marginalisées et d'être ciblées pour avoir soutenu les politiques" en faveur de la diversité ou de la communauté LGBT+, ainsi que "les initiatives de lutte contre le racisme", estime-t-il.

Les trois sponsors représentaient un financement de plusieurs centaines de milliers de dollars et cela aura "un impact sur ce que nous sommes en mesure d'offrir à la communauté", souligne le directeur général."Mais nous y survivrons", ajoute-t-il. 

Le directeur général de Fierté Montréal, Simon Gamache, s'est dit préoccupé par le retrait du soutien au festival de Toronto, mais a précisé que son organisation n'avait pas perdu de sponsors depuis l'entrée en fonction de Donald Trump.

La "frilosité des entreprises" sur les politiques pro-diversité inquiète malgré tout, car "les grands festivals coûtent de plus en plus cher à produire", dit-il à l'AFP.

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